vendredi 21 octobre 2011

GodMothers

 

Chez nous depuis cet été, il y a ce lit.
Un lit investi par des petits êtres en peluche,
par des peaux de mouton (élément essentiel d'une nuit sereine),
par des poupées, des livres et autres trésors.
Un lit extraordinaire...



Dans le lit du bas, la cadette.
Robin, son rouge-gorge y vit dans des positions souvent scabreuses
mais la suit paisiblement depuis sa naissance.
Il y a toujours pléthore de tétines accrochées à des langes près de son oreiller.
La plupart sont percées, mais gare à celui qui voudrait les lui subtiliser....
Elle collectionne les oiseaux en peluche.
A déjà un rouge-gorge, une hirondelle, un moineau, un guêpier,
une pie - qui veille sur elle pendant la nuit -
et une chouette qu'elle garde sous sa couette...
D'autres peluches jonchent son lit, des bêtes des bois le plus souvent,
et puis, près de sa tête, il y a Albertine.
Elle est rejointe selon l'humeur du moment...
Le petit lapin offert à l'arrivée de son frère siège souvent, ainsi que Pénélope.
Sous des coussins qui nombreux parsèment son matelas,
sous sa couette, même à des endroits improbables,
sous son oreiller... des livres.
Ceux lus le soir avant de dormir, ceux feuilletés à la lueur de la veilleuse, ceux consultés à loisir le week-end.


***


 


Dans le lit du haut, l'aînée.
Petit âne près de sa tête avec le petit lapin offert à la naissance de son frère...
et un peu plus loin un épervier - customisé - pour veiller sur ses rêves.
Une étagère / table de nuit
où siège son lapin veilleuse, où s'amoncellent des cartes reçues,
des trésors qui brillent, des barrettes, des bouts de ruban, des scoubidous.
Des livres de lecture dont elle tient à entendre tous les soirs plusieurs chapitres
attendant sagement de savoir les déchiffrer.
Les albums coup de coeur du moment qu'elle feuillette le soir.
Sa trousse à maquillage reçue pour la dent numéro 3 et 4 avec deux rouges à ongle dedans,
un sac à main so pink attitude
qu'elle a acheté au dernier vide grenier avec les sous des jouets qu'elle a vendus,
le dit sac rempli à ras bord de son bazar (une vraie fille!):
carnets, crayons, papiers, porte-monnaie, barrettes...
Sous son oreiller - oui TOUT ça tient sous son oreiller et elle dort avec TOUT ça sous sa tête -
les trésors qui la rassurent.
Toujours des petits papiers et puis aussi
un petit jeu pour son frère, elle qui l'accueille si souvent pour partager ses nuits...


 ***

Je le regarde si souvent ce lit posé tel un galion dans leur chambre,
pourtant assez discret pour leur laisser de la place pour jouer,
mais tout de même de taille pour se laisser remplir d'enfants le soir venu.
Je le fais souvent ce lit ramassant les livres,
triant les peluches, lavant les langes, changeant les draps.
Et en le voyant, en le touchant,
je ne peux m'empêcher de penser à toutes celles qui veillent sur le sommeil de mes filles,
sur le sommeil de notre famille.

Parce que ce lit est particulier.
Il a été choisi méticuleusement car il a été source de tracasseries.
Chacune des 136 vis a été tournée en pensant si fort à vous.
Et je n'aurai jamais de mots assez forts,
de poumons assez puissants pour vous remercier,
vous qui avez su lire dans notre grand bonheur d'accueillir un nouveau membre
le désarroi d'un appartement trop exigu,
vous qui avez accompagné quotidiennement mes interrogations, mes recherches les plus farfelues, 
vous qui avez soutenu mes moments de fragilité.

Eh bien, je peux désigner où chacune de vous réside dans ce lit,
car chacune y a sa place, comme un petit autel.
Alex, Alice, AnneAude, Carole, Claire, Emma,
Géraldine, Haude, Justine, Karen, Karine, Laurence, Laurence,
Lilou, Lucie, Marie, Marie-Laure, Marjorie, Morgane, Opio, Peggy, Pénélope,
Sophie, Sophie, Stéphane, Stéphanie...
... pardon si j'oublie quelqu'un, faut dire, hein!...

Et alors qu'il reste tant à faire, à aller toujours de l'avant,
merci à toi d'avoir dans le plus grand secret, la plus grande discrétion
tissé patiemment cette incroyable toile entre nous toutes.
Pour nous, pour eux, pour elles...

lundi 17 octobre 2011

Le Parc


Leurs parcs.
Celui du quartier, celui des copains,
celui de la sortie des classes, celui du week-end,
celui des matins, celui des après-midis.

Celui des découvertes, celui des prouesses,
celui des réussites, celui des échecs,
celui malgré tout apprivoisé.


Celui où l'on bouge, où l'on se dépense,
celui où l'on court, où l'on saute,
celui qui a plein d'agréés, celui qui a des pelouses,
celui qui a un bac à sable.
Celui où l'on peut rêver, où l'on peut discuter,
celui où résonne de la musique,
celui où se forment les clubs,
celui où l'on ramasse les feuilles,
celui qui a des fontaines, celui qui a des bassins.

Le parc, définitivement le meilleur ami de nos enfants citadins...
pour peu qu'on veuille bien les y amener...

dimanche 16 octobre 2011

En pleine tempête


Oui, c'est un constat assez humiliant.
Tout ce bonheur, toute cette joie ne serait qu'une façade.

Il faut savoir regarder son visage dans le miroir,
observer ses défaites quotidiennes, ses manquements.


Dans leur nouvelle vie à trois, nous ménageons,
nous adaptons, nous soutenons.
Mais en réalité, nous ne faisons que déplacer le problème.
Ce à quoi nous ne pouvons nous résoudre,
ce qui nous glace les sangs.

La Jalousie.

Elle est là, telle un serpent, se déplaçant furtivement
d'un endroit à un autre sans bruit, sans laisser de traces.
Elle s'insinue dans tous les jeux.
Elle change de cavalier, elle change d'équipe,
mais elle fait son sale travail, elle sape l'union,
notre union.

Et c'est un peu comme si aujourd'hui
nos enfants avaient croqué dans La pomme,
La pomme d'Adam,
celle qui fait perdre l'innocence,
celle qui donne à la vie un goût amer,
comme si leurs yeux s'étaient munis d'un nouveau filtre,
un peu comme les lunettes dont elles sont affublées.


Alors bien sûr, il ne faut pas avoir peur.
Ne pas craindre les mots, Le mot.
Bien sûr que cet état est normal
et même révèle que leurs relations sont saines,
mais il nous renvoie à des idées, des images qui nous gênent,
et surtout, surtout, nous laisse sans antidote.


Alors, nous continuons de nous délecter
de tous les moments de calme,
de ce qui nous a toujours caractérisé.
Car il est une évidence,
l'amour qui les unit les uns aux autres
et ensemble est d'une incroyable intensité.

Et puis, nous nous habituons aux remous,
aux colères, aux crises, aux pleurs, aux peurs, aux angoisses,
nous nous sentons lors tels des pompiers
appelés sur le lieu d'un sinistre sans pompes, sans tuyaux
car sans réponse et sans remède à tant de tristesse,
mais plein de bonne volonté.
Nous nous sentons testés,
et nous échouons alors gravement,
nous disputant nous -même.

C'est un grand jeu de billes,
chacun à sa place et finalement modifie sa trajectoire,
tire plus fort ou vise exprès à côté.
Nous sommes ballotés, mis à mal,
énervés, fatigués, déçus de ne pas y arriver.

Alors oui, elle tangue notre barque
parce que finalement on a longtemps oublié
de la lester de façon bien égale.
L'arrivée d'un nouveau membre a pour effet immédiat
de déséquilibrer son assiette que l'on pensait stable.
Les voies d'eau interviennent
où l'on pensait que tout était bien sain.

La surprise est grande, elle nous a figé.
Mais nous ne voulons pas tarder à y répondre.
Notre fierté nous y engage!

Pour que chacun de nous retrouve la sérénité nécessaire
au bon fonctionnement de la maisonnée,
pour que tout le monde continue
de grandir dans une sécurité affective,
pour continuer ensemble de gravir
d'autres montagnes plus hautes encore,

il est temps de faire face,
bout au vent
et de lover sans grimacer.
Mais avec panache...

mardi 11 octobre 2011

A 6 years old Party in the XVIIIth Century...


Les invit's ayant été distribuées,
les filles apprêtées, il fallait y aller...
Malgré l'automne qui avait jeté
un manteau froid et pluvieux sur Paris.


 Une bande de copains. Des habits de bal.
Un rendez-vous dans un musée.
Une guide affable et intrigante qui a mené la petite troupe...

... dans une enquête terrible, à la recherche d'un loup...
A la maison, des ateliers créatifs,
des jeux, un goûter de circonstance.
Pour terminer par un bal endiablé,
qui j'en suis surprise, a déchiré!!!!


C'était un bel Happy Six,
avec des petits amis incroyables,
des amoureux transis, des fillettes adorables.
Une number two pas du tout farouche,
à l'aise parmi les grands, dans l'enquête, les jeux...
Un BabyLov' toujours au poil malgré les cris et la musique à donf'...
Une petite fille de 6 ans, sans plus aucune dent de devant,
radieuse, rayonnante...

Et puis des absents...  les mêmes tous les ans!

samedi 8 octobre 2011

Son Nido


Il y a bien sûr ce qui a servi aux autres, aux filles.
Les hochets, les mobiles, les jeux d'éveil.
Il y a la peau de mouton qui est chez nous une institution.
Il y a le silence et puis d'autre fois la musique.

 Mais il y a surtout ce petit coin que je n'ai jamais pu faire aux filles.
Ce miroir installé rien que pour lui.
Cette envie de lui laisser plus de temps, de place.
Et puis l'expérience engrangée, les livres avalés.

Il a son Nido,
qui se construit et se peaufine.


A sa hauteur, à celle de ses soeurs...
A même le sol.
Et il en profite pour déjà bouger,
et elles en profitent pour l'embrasser...